Pordic Ensembleorganise une conférence-débat le vendredi 16 octobre 2026 à 20 h 30 à Pordic, salle Closet, espace Kérouana àTRÉMÉLOIR
Cette soirée est animée par Pierre Yves Bulteau, journaliste à Splann ! et expert en Intelligence Artificielle (IA).
L’Intelligence Artificielle générative révolutionne notre rapport à l’information. De plus en plus de citoyens s’informent via l’IA et se forgent leur vérité. Or l’IA n’a pas le souci de la vérité, ne rencontre pas ses sources, ne pose pas de questions, elle avale des milliers articles et tue plus sûrement le journalisme. Pour éviter de se faire piller, des médias pactisent avec Open AI et Anthropic. Pour combien de temps ? Dans le monde, plus de 1200 sites d’information et d’actualité « non fiables » générés par l’IA et couvrant 16 langues ont été identifiés. Ce qui accroit les fakenews et la défiance à l’égard des journalistes. Existe-t-il encore une information fiable ? C’est l’engagement de Splann ! .
Après le rappel par Jean Luc Le Guellec des principales mesures contenues dans le projet de réforme des retraites, les participants ont bien compris qu’à de rares exceptions près tous les actifs nés après 1961 vont devoir partir plus tard en retraite. L’attention s’est portée ensuite sur les objectifs de cette réforme. Comme l’a explicité le conseil d’orientation des retraites (le COR), il n’y a pas de problème financement du système ni à court terme ni à long terme. L’objectif assumé par le gouvernement est de compenser la baisse des recettes publiques, en particulier la suppression de la CVAE, par une baisse des dépenses obtenues par la réforme des retraites. Les participants ont découvert que pour serrer la vis aux collectivités locales il faudra serrer la vis des futurs retraités. Cette démarche est explicitement inscrite dans le projet de loi de finance 2023. Par ailleurs, les actifs actuels anticipant une baisse du niveau des pensions seront tentés de souscrire des complémentaires par capitalisation, c’est le second objectif mais non assumé par le gouvernement.
Le conférencier a déconstruit l’annonce des 1200 € brut comme revenu minimal. Nombre de personnes avaient pensé qu’il s’agissait d’un minimum garanti pour tous or il ne concernera qu’une petite minorité ayant toutes leurs annuités avec, en plus, une carrière complète payée au SMIC.
La discussion a permis de détailler le sort des personnes qui vont être les grandes victimes : les femmes et les seniors. Des exemples ont été donnés des personnes ni en emploi ni en retraite, elles seront soient au chômage soient aux minima sociaux, leur nombre avait déjà augmenté en conséquences des précédentes réformes, le projet actuel va amplifier ce phénomène qui va plonger nombre d’entre eux dans la pauvreté. Quant aux plus âgés en emploi, ils sont plus sujets à arrêts maladie ou accidents du travail.
Carrières longues et pénibilité ont fait, aussi, l’objet d’échanges.
Peut-on revenir à la retraite à 60 ans avec 37,5 annuités pour le taux plein ? Une dizaine de pistes de financement ont été détaillées, en particulier, l’égalité effective des salaires entre les hommes et les femmes rapporterait 11 milliards d’euros par an pour les caisses de retraite, la taxation des dividendes à un taux de 10% rapporterait 25 milliards, une augmentation de 4% des salaires, 10 milliards….
A l’issue de la réunion, les participants étaient déterminés à poursuivre la mobilisation pour le retrait de cette réforme Borne.